Vendredi 23 : Départ 9h, une camionnette nous attend devant l’hôtel direction un quartier de la périphérie de Belo Horizonte, pour improviser dans un restaurant populaire fréquenté par plus de 2000 personnes entre 11h et 13H , le repas est de 2 reais le midi et 1 reais le soir ( 1 euro = 2 , 40 R) Le restaurant est constitué de deux blocs l’un sur l’autre d’environ 500m² rez-de chaussée et étage d’une achitecture moderne. Clenio, Cebele nous accompagnent dans cette improvisation en interaction avec les publics très différents . Inutile de vous dire que l’expérience fut Enorme !Imaginez les diverses réactions à nos propositions en relation avec l’architecture, les objets et les personnes . Nous étions 5 extra terrestres pour ce public nouveau mais curieux . Avec notre danse , nous avons réussi pendant deux heures à apprivoiser les lieux et ses habitants ! Les rencontres furent riches et surprenantes.

Retour à L’espaco 104 après un repas au restaurant populaire pour une rencontre à 15h avec les autres artistes et public divers , occasion de parler de notre travail, nos partenaires, la politique culturelle en France, dans notre région, nos projets, notre démarche et notre projet Euphorico, que nous développons depuis 8 ans en collaboration avec le Grupo X. 20h , nous présentons une performance en relation avec Euphorico Je t’aime . Ce ne sera pas Euphorico Je t’aime car les trois artistes Fafa, Iara et Massumi avec qui nous avons démarré le travail à Salvador de Bahia depuis 10 jours ne sont pas là ! Ce sera un Euphorico Je t’aime que nous dédicaçons à toute les personnes qui ont partagé ce projet les années précédentes : Iara, Fafa, Ugo, Bianca, Jamile, Daniele, Kinga, Laura, Florence, Marielle, Fabrice, Stéphane, Emilie, Jessy et tous ceux qui nous soutiennent dans cette aventure , amis, parents, publics ! Nous décidons de finir la performance en invitant le public à improviser avec nous ! Expérience réussi !

Samedi 24Rendez-vous à 9h, allez va prés d’une demi heure plus tard les autres artistes invités sont là, on n’a pas de son mais nous ferons sans. Hélène mènera l’atelier avec l’aide d’Isabelle et espion wilfrid, qui se mélange au groupe, le travail débute par un exercice de contact sensible, puis se relaie par des propositions mettant en jeu le rôle de la respiration dans le mouvement dansé et dans la relation à l’autre . Développer d’autres modes de perception pour être à l’écoute de l’autre. L’atelier se finalisera par des exercices d’apprentissage du mouvement les yeux fermés , privilégier, le toucher, l’écoute, la respiration … L’atelier sera également suivi par le fils de Rosangela qui accompagnera sa maman partout tout au long du séjour sans rien dire. En ce qui concerne les danseurs présents, un constat peut-être fait sur une morphologie différente qui laisse peu la place à l’ouverture et la fermeture de la cage thoracique. Cette différence ce confirme également par une expérience menée par Isabelle lors d’ateliers donnés dans un autre cadre. Du coup, ce travail pour nous fondamental de la respiration, son sens, son espace, peu paraître ici « abstrait » comme le dit Yuki. Toutefois, ils sont touchés par ce travail et auraient aimé avoir plus de temps pour aller vers une improvisation plus longue. La frustration éveille des désirs, puisque les danseurs de la compagnie Hibridus souhaitent nous inviter dés l’an prochain dans leur ville Ipantiga.

Après avoir partagé un repas délicieux dans un des meilleurs restaurant de Belo Horizonte, offert par Tamaki , avec l’ensemble des artistes pour échanger sur les démarches de chacun , nous nous retrouvons à l’Espace 104 pour un débat sur le Festival Dancon avec l’ensemble des organisateurs dont Clénio Magalhes, Tamaki, le critique d’art Marcelo Avelar et artistes invités ( Luciano Botelho Maria Cloenes,Rosengela Sudade, Wenerson Godoi Cie HIBRIDUS de Ipatinga, Thiago Alixandre colletivo O12 de Votorantim, Aki Katai, Cibele Maia, Vanilton Lakka de Uberlandia, Yiuki Doi DesCompahia de dança de Curitiba, Isabelle Dufaut de paris France, Wilfrid Jaubert et Hèlene Charles de la cie artmacadam France) et d’autres personnes. L’objectif de cette rencontre est d’expliquer la démarche de ce projet : échanges entre artistes brésiliens, japonais et français, ouvrir la visibilité sur le travail de chacun, sensibiliser les différents publics, échanger ses pratiques artistiques au travers d’ateliers. Cette rencontre a permis à chacun des artistes d’exprimer ses désirs, de pointer les dysfonctionnements , de questionner les objectifs de ce festival Dancon et de réfléchir sur une prochaine édition 2012. L’idée de ce festival est de développer des rencontres régulières dans le temps entres les artistes et publics .

 

Ensuite petite caîpirina accompagne notre soirée au dernier étage de l’espace 104, espace magnifique d’environ 500 m2, décors de café Muller, où se déroule Camaleoes, performance de Clénio, Cibele et Aki sur les décibels du DJ Denadai.

Direction l’Hôtel où nous finissons la soirée avec Thiago , échange sur nos démarches, projets respectifs, créations d’une autre économie pour ne plus survivre mais vivre de notre art. Le projet de Thiago est une solution très intéressante pour acquérir une autonomie financière et artistique ( voir site : O12)

Dimanche 25 oct, dernier jour à Belo Horizonte 9h , petite escapade au mercado des artisans pour chiner des souvenirs à ramener à nos proches. Surprise de revoir le musicien rencontré à la sortie d’un restaurant la veille. Un guitariste muito bom ! Nous profitons pour l’inviter à venir accompagner notre performance du soir , il accepte , l’échange fut rapido . C’est ça aussi Euphorico Je t’aime. Malheureusement , nous ne l’avons pas retrouvé le soir … nous n’avons pas manqué au change, Thiago nous fit la surprise de chanter « Non, je ne regrette rien ! » d’Edith Piaf accompagné de sa guitare. L’après-midi, nous avions une rencontre au café dança avec le grupo Hibridus, pour présenter le lancement de leur livre ENARTCI Emergência, un projet aussi de rencontre d’artiste . L’accueil fut chaleureux, café, douceur et un petit tango et samba offert et dansé par le responsable du lieu !

Soirée d’adieu pour nous Trois, partagée avec isabelle Dufaut qui présenta son Solo dans une mise en scène poétique fait de papier journaux froissés, pliés en petits bateaux, chaises chavirés et un clin d’œil à notre BB, sur une plage abandonnée…

Notre performance sera très courte mais chargée d’émotions, ponctuée par les couleurs brésiliennes de la voix de Thiago et d’un glissement de prononciation poétique : « car ma vie, car mes joies, aujourd’hui ça commence avec Trois … » Trois amis quittent ce magnifique espace 104, s’engouffrent dans un taxi , 22h l’avion décolle pour un retour sur Salvador de Bahia