Centre pénitentiaire de la Farlède
Par artmacadam,
mercredi 28 octobre 2009 à 14:42
La compagnie / la compania

Le projet initié par le GRIP (groupe de réflexion sur la détention) et le SPIP (Service pénitentiaire d'insertion et de probation) à pour but d'offrir une rencontre entre des artistes chorégraphiques et les détenus. Un rendez vous est pris pour le vendredi 9 octobre 2009 pour un spectacle composé de danse classique Opéra de Toulon et danse contemporaine ARTMACADAM et d'une rencontre de prés d'une heure avec le public.
Nous avons fait le choix de présenter notre pièce "Périodes" pièce chorégraphique et musicale, évolutive au fur et à mesure des rencontres de par sa composition en interaction avec les publics et les lieux. Deux sujets ont été réalisés par France 3 Toulon où les journalistes ont su croiser leur regard professionnel et sensible face à l'expérience vécue. Nous vous délivrons ci aprés quelques lignes de chacun d'entre nous suite à cette rencontre :
"Le parking, chacun s’y gare qui va au parloir qui attend que l’on sorte du par loir, le parking déjà respire mal Les regards se croisent pourquoi tu es là toi Va et vient, cigarette qui se grille, visage fermé Je suis là pour aller danser dans le gymnase Décalé au regard de ceux pendus aux barreaux dedans dehors Passer les portes Le ciel bleu le soleil chaud c’est l’été en automne Grise mine, grises les façades du bâtiment imposant Rentrer d’où je vais sortir, sortir, à quelle heure ? vont-ils sortir ?, quand va-t-il sortir ? Pousser la porte lourde de l’entrée, l’accueil bleu uniforme Décliner son identité laisser toute identité tout métal Autoriser je suis autorisé à être là, j’ai commis la danse, haut mur, portique détecteur, casier à effets personnels récupérés à la sortie, le mur de droite dans son inclinaison semble, effet d’architecte, compresser l’espace, comprimer l’air passé le premier sas nous voilà dehors dedans, la respiration a pris le rythme de l’intérieur haut grillage, en haut les barbelés dernière génération pour les générations qui vivent là les grillages grillent les chances de respirer le grand air encore une fois, avant de rentrer dans le bâtiment d’accueil, la nef silencieuse comme une église pas une invitation au voyage c’est sûr ! l’air y est lourd, comme la porte la quatrième il y en aura encore trois chacune s’ouvre automatique autorisation escortée par le grand uniforme bleu ces portes qui s’ouvrent ferment les corps, seul l’uniforme fait apparaître les vagues de son torse, il est chez lui ? je suis là de passage, passé à la moulinette émotionnelle, ils sont là poussent les poubelles, nettoient le sol, ils cantinent autorisés ils sont en bleu de chine l’autre uniforme 3 4 assis entre quatre grillages, 5 le ciel aussi est grillagé, intersection de l’accès aux bâtiments cellules prévenus, courte peine longue peine Peine à regarder, le regard en dessous questionne notre présence, à peine, ils murmurent leur discussion Ici c’est le silence pour répondre au boucan oppressant le silence oppressant Auprès de moi je sens le vide qui laisse place à la rencontre Rentrer dans cet espace là, vide entre deux individus…" wj

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