Danse et compagnies Dense questionnement
Par artmacadam,
lundi 13 octobre 2008 à 15:27
La compagnie / la compania
Artmacadam s'est plié à l'exercice douloureux du défilé des compagnies pour nos chers programmateurs et élus.
Qui aurait l'idée de mélanger dans un plateau de coquillages moules, figatelli, truffes, tapenade.... ? Et pourtant nous n'avions pas le choix et ceux qui font les choix ont-ils connaissance de tous les ingrédients qui composent une compagnie et de la diversité des saveurs qui en découlent ? Notre problème n'est pas seulement qu’une œuvre vive, mais que notre compagnie vive.
La rencontre « Danses et compagnies » fut l’occasion aux élus et diffuseurs de faire leur marché en une seule journée. Pour palier au manque de communication entre artistes et décideurs culturels qui ne se déplacent plus pour rencontrer l’artiste là où son œuvre prend tout son sens, le Conseil Général a organisé une journée dont la forme ressemblait davantage à un concours de beauté entre compagnies de danse varoises qu’à une réelle rencontre.
Nous nous étions manifestés lors de l’organisation d’un évènement similaire dans un département voisin en adhérent à ACPACA regroupement des acteurs chorégraphiques de la région pour dire stop à ce type d’évènement. Pour nous, ils ne correspondent pas aux besoins des structures et à l’évolution du paysage de la danse contemporaine. Quel dommage qu’un tel engagement n’ait pas existé sur l’évènement « Danse et compagnies » !
Le Conseil Général du Var étant le premier financeur d’Artmacadam, il n’était pas question pour nous de nous marginaliser par rapport à cette institution, même si bien des questions restent en suspend quand au pourquoi d’une telle journée :
- ƒ Pourquoi continuer à organiser des rencontres où les diffuseurs ne viennent pas ?
- ƒ Pourquoi ne pas investir l’argent dans des opérations de sensibilisation à long terme sur le travail des compagnies départementales ?
- ƒ Pourquoi ne pas augmenter les montants de subvention accordées ?
- ƒ Que signifie l’inégalité de traitement réservé aux petites compagnies indemnisées 600euros là où d'autres ont pu percevoir, pour participer à cette même journée, 2500 à 4500 euros. ?
- ƒ Pourquoi allouer un budget important à une journée de promotion au même moment où des coupes budgétaires sont faites sur différents évènements culturels ?
- ƒ Pour qui est faite cette journée ?
Malgré cela, après avoir fait part de notre façon de penser aux organisateurs, ouverts à la discussion, et sensibiliser les autres compagnies aux questions que cela soulève et après maints questionnements, nous avons décidé de participer à Danse et compagnie.
Mais pour nous, il était clair que cela devait être également le moyen d’exprimer nos valeurs qui sont autres que marchandes (éh oui on y croit encore !). Nous ne voulions pas nous inscrire dans une démarche commerciale avec un produit à vendre. Nous voulions revendiquer le travail d’un collectif d’artistes qui œuvre pour la pratique artistique. Toute la compagnie était présente et nous les remercions.
Sur notre territoire nous souhaitons ne pas avoir à faire à des marchands de tapis mais à développer des collaborations des partenariats et privilégier l’échange. Ainsi laisser la vente pour l’exportation et à ce moment là ce n’est pas un produit mais le résultat d’une synergie, d’une volonté, d’une politique culturelle qui s’échange sur le territoire national et international. Idée vaine nous avons bien peur…
Même si ce jour là, chacun d’entre nous a pu croiser des personnes sensibles à la rencontre et au dialogue, enclins à l’échange, étaient elles pour autant libres de toutes tutelles, étaient elles le faire valoir d’une politique départementale qui se trouvent de plus en plus à l’étroit entre les communautés de communes, d’agglomération et le Conseil Régional ? N’étions nous pas tous otages des divergences politiques de notre région ?...
Dans tout ça quand est-il de la danse, quand est-il de l’art, quand est-il du citoyen…

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